Terrasse composite : ce que disent les chiffres du marché avant de choisir

Terrasse composite : ce que disent les chiffres du marché avant de choisir

Choisir une terrasse composite se joue rarement sur le seul aspect visuel. Le matériau engage la mise en oeuvre, l’entretien et la revente du bien sur quinze à vingt ans. Les études publiées en 2025 par la Fédération nationale du bois et Le Commerce du Bois donnent un point de repère utile : le marché français des bardages et terrasses en bois pesait plus de 18 millions de m² en 2024, et les arbitrages entre résineux, bois exotique et composite y bougent vite.

L’essentiel

  • Le résineux domine la terrasse avec plus de 66 % de parts de marché et une progression de 6,8 % en volume.
  • Le bois exotique recule de 20 % depuis 2019 et pèse 15,2 % du marché, soit environ 1,8 million de m² en 2024.
  • Composite et bambou se maintiennent à 17,8 % de parts de marché, sur les segments premium.
  • L’inscription de l’ipé et du cumaru à l’annexe II de la CITES en novembre 2024 a freiné les importations brésiliennes.
  • La mise en oeuvre relève du NF DTU 51.4, qui encadre lames, lambourdes et supports admissibles.

Où en est le marché de la terrasse en France

Le compte rendu publié par France Bois Forêt en octobre 2025 s’appuie sur deux études conduites par l’expert Jean-Marc Mornas pour la Fédération nationale du bois et Le Commerce du Bois, sur la période 2019-2024. La terrasse en résineux progresse de 6,8 % en volume et dépasse 66 % de parts de marché. Le bois exotique, lui, perd 20 % depuis 2019 et tombe à 15,2 %, soit environ 1,8 million de m² vendus en 2024.

Deux facteurs expliquent ce recul. Le premier est sociétal : la demande se déplace vers les circuits courts et les bois français ou européens. Le second est réglementaire. L’inscription de l’ipé et du cumaru à l’annexe II de la CITES en novembre 2024 a fortement freiné les importations depuis le Brésil, jusque-là majoritaires. Sur le même marché, composite extrudé et bambou thermotraité conservent 17,8 % de parts, avec un repli de 17 % des volumes de composite compensé en partie par la poussée du bambou.

Ce qui distingue une lame composite d’une lame en bois massif

Une terrasse en lames composite n’est pas une terrasse en bois au sens du platelage massif. La lame associe des fibres de bois et un liant polymère, mis en forme par extrusion. Les gammes co-extrudées ajoutent une gaine polymère qui enveloppe le coeur du profil, ce qui modifie le comportement de surface face aux UV, aux taches et à l’humidité. Les profils alvéolaires, creux, sont plus légers que les profils pleins à section égale.

Cette différence de nature a une conséquence pratique : les repères habituels du bois massif ne se transposent pas. La classe d’emploi, qui qualifie la durabilité d’une essence face à l’humidité, n’a pas d’équivalent direct sur un profil composite. Les critères de comparaison deviennent la nature du profil, plein ou alvéolaire, la présence ou non d’une co-extrusion, l’entretien annoncé par le fabricant, la durée de garantie et les conditions qui l’accompagnent.

Comparer les trois familles sur des données 2024

FamillePart de marché 2024TendancePoint d’attention
Résineux (dont douglas français)Plus de 66 %Volume en hausse de 6,8 %Entretien régulier attendu sur un platelage massif
Bois exotique15,2 %, environ 1,8 Mm²Recul de 20 % depuis 2019Approvisionnement contraint par la CITES depuis novembre 2024
Composite et bambou17,8 %Composite en repli de 17 %, bambou en forte haussePositionnement premium, comparer les garanties fabricant

Ces parts se lisent en volume vendu, pas en satisfaction d’usage. Un marché qui recule ne dit rien de la tenue d’un produit donné : il traduit d’abord un arbitrage de prix dans une période de crise du bâtiment, que les mêmes études relient à l’inflation des matériaux et au niveau des taux d’intérêt.

Pose : le cadre du NF DTU 51.4

La mise en oeuvre d’un platelage extérieur relève du NF DTU 51.4, dont la partie 1-1 a été homologuée par l’AFNOR en novembre 2018 et remplace la version de décembre 2010. Le document définit les conditions de mise en oeuvre et les règles d’exécution des revêtements de sols extérieurs en bois massif ou recomposé. Ses descripteurs couvrent aussi bien les lames et lambourdes que les supports en bois, béton, métal ou polymère, ainsi que les espacements, les tolérances dimensionnelles et l’humidité.

Deux conséquences concrètes pour un chantier. D’abord, l’entraxe des lambourdes et la ventilation sous platelage se définissent avec la documentation technique du produit retenu, pas au jugé. Ensuite, un devis qui ne précise ni le type de support ni le mode de fixation, clips ou vis, laisse ouvertes les deux causes de litige les plus courantes sur ce type d’ouvrage.

Les questions à poser avant de commander

Un comparatif utile tient en quatre questions, posées au même fournisseur pour chaque référence envisagée. Quelle est la durée de garantie et que couvre-t-elle exactement, structure seule ou aussi finition et coloris ? Le profil est-il plein ou alvéolaire, et avec quelle documentation d’entraxe ? La fixation est-elle invisible par clips, et le système est-il compatible avec la lambourde proposée ? Enfin, quel est le prix au m² utile, une fois la perte de coupe intégrée, plutôt que le prix à la lame.

Un exemple chiffre l’enjeu : sur un chantier de 30 m², une différence de 5 euros par m² entre deux références pèse 150 euros sur le devis, quand une reprise de platelage mobilise à nouveau la dépose des lames et la fourniture des fixations. La cohérence entre lame, lambourde et système de fixation mérite donc d’être arbitrée avant le prix affiché au mètre carré.

Questions fréquentes

Le composite représente-t-il une part importante du marché de la terrasse ?

Composite extrudé et bambou thermotraité totalisent 17,8 % des parts de marché en 2024, selon les études FNB et Le Commerce du Bois. Le résineux reste largement majoritaire avec plus de 66 %.

Pourquoi les terrasses en ipé sont-elles plus difficiles à trouver ?

L’ipé et le cumaru ont été inscrits à l’annexe II de la CITES en novembre 2024. Cette inscription encadre le commerce international de ces essences et a freiné les importations en provenance du Brésil, jusqu’alors majoritaires sur le marché français.

Quelle norme encadre la pose d’une terrasse en bois ?

Le NF DTU 51.4 « Platelages extérieurs en bois » donne les prescriptions de mise en oeuvre des revêtements de sol extérieurs en bois massif ou recomposé. Sa version en vigueur a été homologuée en novembre 2018 et remplace celle de décembre 2010.

Sources

  • France Bois Forêt, Bardage et terrasse bois : une évolution favorable du marché dans un contexte de crise, 27 octobre 2025 (études Fédération nationale du bois et Le Commerce du Bois, réalisées par Jean-Marc Mornas)
  • NF DTU 51.4 Platelages extérieurs en bois, homologué en novembre 2018 (boutique CSTB, boutique AFNOR)
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pierreesposito

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